27 septembre 2020

Et si nous imaginions le football de demain ?

Voici une devinette : Quel est le point commun entre Lommel SK, Sichuan Jiuniu FC, Club Atlético Torque, Girona FC, Yokohama F. Marinos, Mumbai City FC et l’ESTAC Troyes ?

On peut vous donner un indice : ils ont également un point commun avec New York City et Manchester City. Est-ce que le « City Football Group » vous dit quelque chose ?

C’est une société détenue majoritairement par le groupe Adu Dhabi United. En effet, depuis quelques jours, le club de l’ESTAC fait office de 10ème membre de ce groupe qui ne cesse de grandir.

Nous connaissons beaucoup mieux ce groupe grâce au club de Manchester City, actuellement entraîné par Pep Guardiola depuis 2008, date du rachat du club par le cheikh Mansour Ben Yayed Al Nahyan,

Une première FA Cup en 2011 puis le Community Shield en 2012 venaient confirmer que le projet avait du potentiel. Après avoir investi des sommes importantes dans le recrutement de joueurs mais aussi pour le staff technique, le projet prenait de l’ampleur avec un nouveau stade, un centre de formation et d’entrainement.

Le projet est ambitieux mais les victoires sont venues confirmer qu’ils étaient sur la bonne voie. Il était temps de faire grandir le projet. En 2013, le City Football Group est crée. Le but étant de reproduire un modèle qui fonctionne dans d’autres pays.

En 2013, ils s’intéressent aux Etats-Unis et jettent leur dévolu sur le New York City FC. En 2014, c’est ensuite au tour de l’Australie : le Melbourne City FC rejoint le groupe puis, les Japonais du Yokohama F. Marinos arrivent dans le giron de City Football Grup la même année.

A partir de 2017, le City Football Group s’empare de clubs en Espagne (Girona FC), en Uruguay (Club Atlético Torque), en Chine (Sichuan Jiuniu FC), en Inde (Mumbai City FC), en Belgique (Lommel SK) et finalement, en France avec l’acquisition de l’ESTAC Troyes.

Et si je vous posais une nouvelle devinette ? Quel est le point commun entre le City Football Group et Red Bull ?
Nous avons tous déjà été amenés à boire cette boisson énergisante permettant de lutter contre le manque de sommeil. Dans une société qui va très vite, nous avons de moins en moins le temps de dormir. En 2012, plus de 5 milliards de canettes ont été vendues.

Vous l’avez compris, les budgets ont augmenté et les projets de la marque pour se diversifier aussi.
Son nom s’est ensuite associé à des projets d’envergures capables de véhiculer l’image dynamique du produit. C’est là que vous avez pu apercevoir le nom Red Bull s’associer à des sportifs dans le domaine de la Formule 1, du Motocross, du Rallye, Ski Alpin, Parachutisme et encore d’autres sports extrêmes.

A tel point que le patron Dietricj Mateschitz annonçait en 2010 au magazine GQ : « Le but de l’entreprise n’est plus de vendre de la boisson, mais de découvrir des gens doués et de les aider à s’accomplir ».
En 2005, l’Austria Salzbourg est racheté par le groupe qui transforme les couleurs, l’équipe mais aussi le nom en Red Bull Salzbourg. Depuis, le groupe s’est octroyé le New York Red Bulls (USA), Leipzig RB (Allemagne) et le Brasil FC (Brésil).

Et si c’était ça le modèle pour le football de demain ? Des marques, des groupes possédant d’importantes sommes et rachetant des clubs à travers le
monde pour faire véhiculer une image, un projet plus global.

Reproduisant finalement un modèle existant déjà dans le milieu des entreprises avec les GAFAM (acronyme définissant les société Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui capitalisant sur leur modèle qui fonctionnait. Ils se sont éloignés petit à petit de leur modèle de base pour s’adapter au contexte mondial, profiter d’opportunité et imposer leurs propres règles.
Devons nous imaginer un football où les règles seront instaurées par des groupes et des marques beaucoup plus puissantes économiquement que les instances actuelles ?

Qui peut nous empêcher d’imaginer qu’un jour, ces groupes n’organiseraient pas leur propre compétition, et si possible entre eux ?

Photo : screen Youtube/Canal+

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