Chroniques

« Faut pas pousser mémé dans les orties »

Depuis 48h, on va d’étonnement en écœurement en découvrant les propos abjects tenus par François Ciccolini, entraîneur de Laval (N1) à l’encontre d’un jeune journaliste de France Bleu Mayenne vendredi à l’issue d’une défaite lavalloise à Boulogne-sur-Mer.

Mardi, France Bleu a révélé la teneur exacte des propos tenus par Ciccolini. On y entend un éducateur dire à un jeune journaliste qu’il va « lui frapper la tête par terre »et que s’il veut « un coup de crosse dans la tête », il a « ce qu’il faut dans son sac ». Martin Cotta, le journaliste visé, tente la carte de l’humour pour apaiser la situation en répliquant que son « chef ne serait pas content » avec un arrêt maladie.

Ça n’a pas arrêté l’entraîneur corse qui est monté d’un cran dans la violence des propos : « Il n’y aura pas d’arrêt maladie, puisque tu n’auras plus d’arrêt tout court. (…)Tu veux m’emboîter, ou tu veux que je te déboîte ? »

Comment peut on arriver à proférer des menaces de mort à peine déguisées à l’encontre d’un journaliste qui a osé poser une question après une défaite?

Ce n’est pas le club de Laval qui est capable de répondre à cette question avec le communiqué effarant pondu pour « répondre » au Ouest-France qui avait dévoilé les premières menaces.

Le Stade Lavallois n’a pas condamné les agissement de son technicien et, pire, a osé faire passer Ciccolini comme « garant des valeurs du groupe ». Une fois les propos les plus violents rendus publiques quelques heures plus tard, ils ont tenté un rétropédalage assorti des excuses de Ciccolini…

Martin Cotta, lui, a porté plainte pour menaces de violence, on le comprend aisément, mais le feuilleton ne s’est pas arrêté-là.

Sur RMC, Pierre Repellini le vice-président de l’Union Nationale des Entraîneurs et Cadres Techniques du Football (UNECATEF) a essayé de minimiser les propos de l’entraîneur de Laval en le condamnant du bout des lèvres: « C’est une altercation après un match, ce n’est pas forcément une bonne chose pour le football français. Il y a des entraîneurs plus ou moins énervés après une défaite. »

Avant de sombrer dans l’irréel, en regrettant la plainte du journaliste : « d’après le communiqué de Laval, ça s’est fait en aparté ». « Il faut faire la part des choses, il ne faut pas empirer des choses comme ça. Ça s’est déjà produit et ça se reproduira. (…) Dans un mois, ils vont se retrouver et en rigoler. »

Mardi, le Conseil National de l’Éthique (CNE) a indiqué qu’il allait saisir la commission de discipline de la Fédération Française de Football, ce qui n’a pas plu, non-plus, à Pierre Repellini, « si on en arrive là, ça va être n’importe quoi. Il suffira de dire merde (sic)… Faut pas pousser mémé dans les orties ».

Avant de conclure : « Toutes les fois que les journalistes sont odieux avec les entraîneurs, c’est (leur) job mais ils ne pensent pas aux familles ».

Pierre Repellini a-t-il pensé à la famille de Martin Cotta ? A la famille du football? Au corporatisme aveugle  qu’il représente? Comment peut-on reprocher à une personne de porter plainte après avoir reçu des menaces d’une rare violence?

Un entraîneur a menacé un journaliste qui ne faisait que son métier et le vice-président de l’UNECATEF banalise la violence. François Ciccolini avait la mince excuse de réagir à chaud mais Pierre Repellini a eu le temps de se préparer ses mots.

« Faut pas pousser mémé dans les orties »…

 

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